Les « piverts » à l’assaut du Mur de Berlin

Petit aperçu des ancêtres de la presse spécialisée, avec le fanzine allemand Enterprise.

Fanzine de la scène underground berlinoise, Enterprise réalise au printemps 1990 l’interview de Sake et Bus 126, deux graffeurs qui rejoindront par la suite le légendaire collectif Partners of Crime. Extraits de cet entretien paru dans Enterprise n° 1, en juin 1990, dans lequel les deux graffiti-artistes dénoncent le massacre de leurs fresques par les mystérieux « piverts ».

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Le fanzine Enterprise, l'un des pionniers de la scène berlinoiseComment en êtes vous arriver à graffer ?

Après avoir vu des films comme par exemple Beat Street et  Wild Style.
Depuis combien de temps graffez vous ?

Depuis fin 1988.
La majorités des writers vont-ils sur le Mur  pour graffer ?

Auparavant, les graffeurs étaient nombreux à saturer le Mur de couleurs, mais beaucoup se tournent actuellement vers les trains et les façades d’immeuble.
Quels sont les avantages et les inconvénients à graffer sur le Mur ?

L’inconvénient décisif est que sur le Mur, les motherfuckers massacrent les œuvres des graffiti-artistes.
Qui sont les « piverts » du Mur ?

Les piverts du Mur sont généralement connus comme les « motherfuckers », qui dégradent les fresques auxquelles nous avons consacré beaucoup d’énergie et de travail. (Il s’agit d’Allemands venus tailler le Mur de Berlin en petits morceaux pour le vendre comme souvenir, NDRL).
Avec la chute du Mur, les graffeurs n’ont-ils  pas  tendance à délaisser le Mur pour se tourner vers les galeries d’art ?

Beaucoup font les galeries d’art pour se faire de l’argent. C’est cool de montrer aux « notables » que le graffiti est aussi un art et pas seulement du gribouillage.
Comment cela se passe, lorsque vous décidez de « faire une rame de métro » ?
Lorsque nous décidons de faire un train, nous rassemblons entre cinq et dix personnes, chacune devant bien évidemment apporter des bombes de peintures. Le nombres de bombes de peintures nécessaire dépend du type de fresque que nous décidons de réaliser. Avant que nous commencions à peindre, nous faisons un repérage de la station de métro pour pouvoir décamper en vitesse si les flics ou les agents de sécurité débarquent.
Comment envisagez-vous l’avenir du graffiti ?
Nous espérons que Berlin sera dans quelques années rempli de façades bariolées!

Entretien avec la scène graffiti berlinoise, réalisé par le fanzine Entreprise en 1990.

Entretien avec la scène graffiti berlinoise, réalisé par le fanzine Entreprise en 1990.

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1 commentaire

Classé dans Hip-hop en Allemagne, Les mutations de la presse rap

Une réponse à “Les « piverts » à l’assaut du Mur de Berlin

  1. Un grand merci pour cet excellent article
    et ces superbes images
    Amicalement
    Gilles

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