Rap Mag, le dernier des Mohicans

Rap Mag couv-sinikDepuis peu, le magazine Rap Mag se retrouve seul dans les kiosques pour s’adresser au lecteur adulte, trop âgé pour se contenter de Planète Rap ou R.A.P R&B. Mais au lieu de profiter de cette situation de monopole, le mensuel se retrouve en plein marasme. Rencontre avec Grégory Curot, rédacteur en chef de Rap Mag.

Groove disparu au printemps dernier, Rap Mag est désormais le magazine à grande diffusion le plus ancien du secteur, avec seulement cinq années d’existence au compteur. Ironie de l’histoire, ces deux publications ont une filiation commune. L’éditeur de Rap Mag, Buzzer Press, n’est pas un nouveau venu dans la presse musicale Hip-hop puisque c’est son patron, Christophe Bonicel, qui avait créé Groove en 1997, lorsqu’il était directeur général d’Ixo Publishing.

Une formule éditoriale évolutive

A ses débuts, le magazine Rap Mag vise un public très large, avec des priorités éditoriales pas toujours en phase avec les aficionados du Hip-hop. Grégory Curot reconnait ces errements, regrettant d’avoir accordé une place trop importante à des phénomènes plus publicitaires que musicaux, à l’image de K’Maro.

Par la suite, le magazine se repositionne sur le même créneau que Groove ou Radikal, pour finalement prendre leur place et gagner en légitimité. Si bien qu’un groupe comme La Rumeur, pourtant peu adepte des compromis, respecte aujourd’hui Rap Mag (cf interview vidéo de Ekoué et du Bavard).

Érosion des ventes

Lancé en octobre 2004, Rap Mag déclare à l’OJD en 2005 un tirage mensuel à 49 000 exemplaires, pour une moyenne de 21 000 magazines vendus. Quatre ans plus tard, Rap Mag estime sa diffusion mensuelle à 12 500 exemplaires pour l’exercice 2009. Lentement mais sûrement, le tirage et les ventes se sont érodées, comme pour les autres magazines du secteur. Mais le mensuel revendique tout de même une audience aux alentours de 113 000 lecteurs, selon sa régie publicitaire.

Désormais seul sur le terrain des cultures urbaines, le magazine ne profite pourtant pas de son monopole. « C’est exactement le contraire », estime Olivier Cachin, ancien rédacteur en chef de L’Affiche puis de Radikal: « Quand il y a quinze magazines sur le même terrain, cela veut dire que ce terrain est riche et tout le monde y  trouvera son compte. Quand il n’y en a plus que deux, cela veut dire que ce terrain est asséché ».

Hormis les magazines tournés vers les adolescents, Rap Mag est désormais la seule référence d’un secteur sinistré, dont les lecteurs se désintéressent pour privilégier l’information sur Internet.  Sur ce nouveau front, les sites spécialisées se multiplient et renforcent la concurrence. Sur format papier, les perspectives sont plus sombres, mais Grégory Curot garde l’espoir : « S’il en reste qu’un, on espère que ce sera nous ». Malheureusement, on y est presque, alors même que la France est le deuxième marché en terme de ventes de disques de rap.

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1 commentaire

Classé dans L'évolution des médias rap, Les mutations de la presse rap, Vidéos

Une réponse à “Rap Mag, le dernier des Mohicans

  1. Très intéressant ce blog ! Je suis tombée dessus par hasard en effectuant des recherches pour mon mémoire sur les représentations du rap à la télé et ça m’a aidé à trouver quelques infos à travers plusieurs articles. Donc merci !! En même temps, j’en profite pour faire ma promo aussi… J’ai créé depuis plus d’un an, le blog HIP OPEN où je rédige des articles de fond, publie des interviews, etc. Voici le lien : http://hipopen.net/
    Big up pour ce blog ! PEACE

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